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Le saviez-vous ?

La Croatie est un pays plein de surprises. Si vous en doutiez encore, voici quelques petites histoires qui risquent de vous surprendre...

LA CRAVATE

Attribut vestimentaire incontournable de la mode masculine, tire son origine de la bande d’étoffe finement ouvragée portée autrefois par les cavaliers croates qui servirent dans le régiment du « Royal-Cravate » au temps de Louis XIII et Louis XIV. Adoptée par la Cour de Versailles pour son élégance autant que pour son originalité, elle conquit bientôt les Parisiens du Grand Siècle et eut tôt fait de s’imposer dans le monde occidental, d'abord outre-Manche, puis outre-Atlantique. Accessoire indispensable, la cravate, nous dit Balzac, "est encore une partie essentielle et obligée du vêtement qui, dans ses formes variées, apprend à connaître celui qui la porte". Aujourd'hui, le Petit Robert propose d'ailleurs la définition suivante : Cravate, 1651, « bande de linge que les cavaliers croates portaient autour du cou »; forme francisée de Croate. En effet, c'est le mot Hrvat, forme croate de Croate, qui a donné krvat, puis cravate. On le retrouve également dans les autres langues : cravat/tie (ang.), krawatte (all.), corbata (esp.), cravatta (it.), gravata (port.), kravat (hong.), krawat (pol.), krawatt (suéd.) ou... kravata (croa.).

LES RÉGIMENTS CROATES DE NAPOLÉON

Ces soldats croates se sont notamment rendus célèbres devant Moscou en 1812 et à la bataille de la Berezina le 1er janvier 1813, sauvant Napoléon qui leur adressa le message suivant « Hier j'ai pu m'assurer de mes propres yeux de votre courage et de votre fidélité. Vous avez acquis la gloire immortelle et l'estime, et je vous place parmi mes meilleures troupes ». Sous le péristyle de la Cour d'honneur de l'Hôtel des Invalides, une plaque commémorative rappelle l'engagement de soldats croates aux côtés de l'empereur.

UN PAPE "CROATE"

Le pape Jean IV le Dalmate (640-642), 72e souverain pontife, était originaire de Dalmatie. Il s'illustra en 640 en rejetant l'Ecthèse, cette tentative de l'empereur Héraclius de concilier l'orthodoxie et le monophysisme, selon laquelle il y a bien deux natures dans le Christ (la divine et l'humaine), mais une seule volonté (la divine).

MARCO POLO

Selon une tradition, le navigateur, qui participa en 1298 à une bataille navale livrée à proximité de Korcula par les Vénitiens contre les Génois, où il fut fait prisonnier, serait né dans la ville de Korcula en 1254. Sa maison natale présumée est située près de la cathédrale, à droite du campanile.

UNE TRÈS ANCIENNE SYNAGOGUE

Sise rue Zudioska (rue des Juifs), au nord du Stradun, la synagogue de Dubrovnik est la plus ancienne d'Europe, encore en fonction, après celle de Prague. Elle occupe un bâtiment du XIVe siècle dont l'intérieur baroque date de 1652 (Torah, étoffes, orfèvreries...). La présence des Juifs à Dubrovnik est mentionnée pour la première fois en 1324, mais le plus grand nombre arriva à la fin du XVe siècle après leur expulsion de la péninsule Ibérique. Ils ont largement contribué à l'essor économique de la République de Raguse (Dubrovnik) et à l'épanouissement des sciences et des arts.

RICHARD COEUR DE LION

La cathédrale de Dubrovnik fut rebâtie entre 1672 et 1713 sur les ruines d'une église romane élevée, selon la légende, grâce aux dons de Richard Coeur de Lion qui, de retour de Terre sainte, fut victime d'un naufrage et trouva refuge à Dubrovnik.

LA RÉVOLTE DE VILLEFRANCHE-DE-ROUERGUE

Durant la seconde guerre mondiale, un détachement de quelque cinq cents Croates enrôlés de force par les nazis et stationnés dans le sud de la France occupée s'est mutiné contre l'occupant le 17 septembre 1943. Tous les officiers nazis sont tués dans l'insurrection et Villefranche-de-Rouergue devient « ville libérée » l'espace d'une journée, avant que la révolte ne soit étouffée dans le sang. Aujourd'hui, une « avenue des Croates » rappelle cet épisode tragique de l'histoire de la ville. La « révolte des Croates » a fait l'objet de plusieurs ouvrages publiés en France.

L'ÎLE DES NON-ALIGNÉS

C'est à Veliki Brijun, île principale de l'archipel des Brijuni, que Nasser, Nehru et Tito signèrent le 19 juillet 1956 la célèbre Déclaration des non-alignés. La guerre froide faisait alors rage et le monde était coupé en deux, entre États-Unis et URSS. Par cette déclaration, les trois hommes refusaient de prendre parti et invitaient les pays du tiers-monde à les suivre, à ne pas "s'aligner" sur les grandes puissances. Aujourd'hui les Brijuni, où se mêlent six cents plantes endémiques, forment l'un des sept parcs nationaux croates.

DORA MAAR.

La photographe, peintre et célèbre muse de Picasso, Dora Maar, de son vrai nom Théodora Markovic (1907-1997), était la fille d'un père architecte croate de Zagreb et d'une mère tourangelle. Élevée un temps à Buenos Aires, elle rentra en France en 1926, où elle étudia dans l'atelier du peintre André Lhote. C'est là qu'elle fit la connaissance de tous les grands photographes de l'époque, dont elle devint le modèle. Après avoir illustré plusieurs ouvrages de ses photographies, réalisé quelques publicités, elle se lia d'amitié avec Georges Bataille et André Breton, qui influencèrent ses travaux d'inspiration surréaliste, qu'elle réalisa vers 1935. C'est à cette époque que Paul Eluard la présente à Picasso, dont elle devint la muse jusqu'en 1945, date de leur rupture. Très ébranlée par cette séparation, elle continua néanmoins de peindre, mais ne fit que de rarissimes expositions. La Femme qui pleure, qu'elle posa pour Picasso, se vendra 37 millions de francs, en automne 98, lors de la vente Dora Maar.

HÉROS GRECS EN ADRIATIQUE

Selon de nombreuses légendes, bien des aventures attribuées aux héros mythologiques grecs auraient pris place en Adriatique, sur l'actuel littoral croate. L'une d'entre elles lie la fondation de la ville de Pula, en Istrie, à la légende de la Toison d'Or. D'après ce récit, le peuple de Colchide poursuivit Jason et ses Argonautes afin de récupérer la Toison. Mais le décès du fils de leur roi, Éétès, leur fit abandonner leur poursuite. Croyant devoir être punis pour cela et pour n'avoir pas su récupérer la Toison d'or, il s'exilèrent à l'endroit même où le prince mourut. C'est ainsi que Pula y fut érigée il y a plus de 3000 ans. Curieusement, comme Rome, elle est située sur sept collines, et dispose d’arènes majestueuses construites sous Auguste et pouvant jadis accueillir jusqu'à 23 000 spectateurs. Une autre légende célèbre est celle d'Ulysse et de l'île de Mljet (connue sous le nom d'Ogygie dans l'Antiquité), au large de Dubrovnik. On raconte en effet qu'après le naufrage de son bateau sur le chemin de retour de l'Odyssée les vents de Poséidon poussèrent Ulysse à trouver refuge sur Mljet. C'est ainsi que le navigateur grec y fut retenu sept ans durant par la nymphe Calypso, qui chercha à lui faire oublier Ithaque. On peut d'ailleurs y visiter la grotte où le plus célèbre des marins aurait été envoûté par la nymphe Calypso, qui lui aurait fait chavirer le coeur. Et il suffit de découvrir le cadre enchanteur de la grotte et des criques paradisiaques voisines pour y croire aussitôt...

LA PIERRE BLANCHE DE BRAC, DE VRNIK ET D'ISTRIE

Depuis l'Antiquité, des millions de tonnes de cette pierre blanche réputée ont été extraites du sol crayeux des carrières de Pucisca sur l'île de Brac et furent utilisées pour construire des bâtiments sur l'île, en Croatie (palais de Dioclétien) et à l'étranger (Parlement viennois, parlement de Budapest, Maison blanche à Washington, monument commémoratif du Canada à Vimy). Plus blonde, mais tout aussi résistante, la pierre de Vrnik (un îlot au large de Korcula) fut aussi exportée en Europe, en Amérique et on la retrouve jusque dans les murs de la cathédrale Sainte-Sophie d'Istanbul. Hormis celle de Brac et de Vrnik, la pierre calcaire d'Istrie est également reconnue pour sa blancheur et son exceptionnelle résistance au salpêtre. Sa qualité lui valu ainsi d'être très employée à Venise où elle fut largement mise à profit dans la construction de nombreux ouvrages, digues, pavements, fondations ou ponts, et notamment le célèbre Pont des Soupirs. Enfin, la qualité de la pierre calcaire de Croatie lui a valu d'être employée pour le pavage de la place Stanislas à Nancy lors de sa récente restauration.

MONUMENT À LA FRANCE

Le célèbre monument de la Reconnaissance à la France, situé dans le parc-forteresse du Kalemegdan, à Belgrade, est l’oeuvre d’Ivan Mestrovic (1883-1962), sculpteur croate renommé pour son art monumental. Datant de 1930, le monument, sans doute unique du genre, représente une statue de femme dans toute sa puissance, dressée sur un haut socle orné de bas-reliefs qui illustrent la fraternité d’armes avec la France pendant la première guerre mondiale, comme en témoigne l'inscription qui y figure : "Aimons la France comme elle nous a aimés". Mestrovic a étudié à Vienne et Paris, où il a eu l’occasion de s’inspirer des oeuvres de Bourdelle, Maillol et surtout de Rodin, dont il fut l'ami et le disciple, et qui le qualifia de "plus grand phénomène parmi les sculpteurs contemporains".

LA VOÛTE RÉVOLUTIONNAIRE DE LA CATHÉDRALE DE SIBENIK

Oeuvre de l'architecte croate Juraj Dalmatinac (v. 1420-1473), inscrite en 2000 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, la cathédrale St-Jacques à Sibenik, fut en son temps le seul bâtiment d'Europe dont la voûte en pierre fut construite sans mortier ni charpente en bois. Novateur, Dalmatinac imagine une nouvelle méthode d'assemblage, sans joint, à l'aide de dalles de pierre taillées sur mesure et insérées dans des arcs doubleaux grâce à des languettes et des rainures. A sa mort, Nikola Firentinac, fidèle à son projet, termine la partie supérieure. Fait remarquable, la cathédrale St-Jacques compte aussi parmi les tout premiers édifices de la première Renaissance, bâtis hors d'Italie.

LES « CROATES » DU LOUVRE

Dans l'aile Denon du musée du Louvre, consacrée à la sculpture italienne du Quattrocento, se trouvent, dans la première salle au rez-de-chaussée, au pied de l'escalier, quatre sculptures et bas-reliefs de deux sculpteurs qui, malgré l'italianisation posthume de leur nom, ne sont pas si "italiens" que cela : Franciscus de Laurana et Giovanni Dalmata de Traù. Il s'agit en réalité de deux sculpteurs croates : Franjo de Vrana (près de Zadar) et Ivan Duknovic de Trogir (près de Split). Sur les quatre sculptures, trois sont de Franjo de Vrana (deux bustes et le blason sculpté des Anjou) et un bas-relief de la tombe du pape Pie II, par Ivan Duknovic. Franjo de Vrana [Vrana 1430-Avignon 1502] fut l'un des plus grands sculpteurs du XVe siècle. Il travailla d'abord en Croatie, puis en Italie, avant de devenir sculpteur à la Cour du roi René d'Anjou en Provence. Parmi ses oeuvres en France on compte notamment l'Autel Saint-Lazare dans la cathédrale de la Major à Marseille, le Retable de la montée au Calvaire à Saint-Didier d'Avignon, ou encore le Tombeau de Charles du Maine au Mans. On lui doit également les sculptures de l'Arc triomphal du Castelnuovo de Naples réalisées pour le roi Alphonse d'Aragon. Quant à Ivan Duknovic de Trogir, célèbre sculpteur de la haute Renaissance, il est notamment l'auteur de la sculpture de la Vierge à l'Enfant qui surplombe désormais le tombeau du pape Jean Paul II, dans la crypte de la Basilique Saint-Pierre de Rome.

LA MUSE D'ERNEST HEMINGWAY

C'est Adriana Ivancic, une jeune Croate qu'il rencontre à Venise en 1948 et dont il tombe éperdument amoureux qui inspira à Hemingway le personnage de Contessa Renata, dans Au-delà du fleuve et sous les arbres paru en 1950. L'auteur y dépeint la romance amoureuse atypique du colonel Cantwell, un officier américain d'âge mûr qui se sait condamné par son coeur malade, et d'une belle aristocrate vénitienne de dix-neuf ans...

LES LOINTAINES ORIGINES DALMATES D'ÉMILE ZOLA

Par son père Francesco, l'écrivain français Emile Zola (1840-1902) était originaire de la ville croate de Zadar, en Dalmatie, sous domination vénitienne jusqu'en 1797. Descendant d'une lignée d'officiers, l'arrière grand-père d'Emile Zola, Antonio Zola (Colic ["Tsolitch"], puis Zolic), était capitaine des Fanti, soldats italiens au service de la Sérénissime. Son grand-père, Carlo Zola, lieutenant au corps des Ingénieurs, puis capitaine du génie, épousa une jeune fille grecque de Corfou, nommée Nicoletta Bondioli. Leur fils, Francesco, père d'Emile, naquit à Venise, le 8 août 1795.

LE MONUMENT À LA PAIX

qui trône devant l’entrée du siège de l’Organisation des Nations unies, à New York, est l’œuvre du grand sculpteur et résistant croate August Augustincic (1900-1979), sculpteur naturaliste qui travailla avant tout sur la fugure humaine. Cofondateur en 1929 de Zemlja, groupe qui militait pour un art social, il créa à Gornja Stubica (Croatie) un immense monument à la jacquerie de 1573 menées par Marija Gubec.

CÉLÉBRITÉS DU SHOW-BUSINESS

Le monde du show-business compte quelques figures d'origine croate. En France, les plus célèbres sont certainement les actrices Josiane Balasko, née Balaskovic, et Emmanuelle Béart, qui a confié avoir des origines croates par sa grand-mère, ainsi que Patricia Spehar, étudiante parisienne d'origine croate élue Miss France 1997. A l'étranger, on compte quelques stars hollywoodiennes d'origine croate, tel l'Américain John Malkovich (Les liaisons dangereuses, Dans la peau de John Malkovich, Libertin) ou l'acteur australien Eric Bana (Banadinovic de son vrai nom - La Chute du Faucon noir, Hulk, Troie, Munich), tous deux originaires de Zagreb, sans oublier Goran Visnjic, originaire de Sibenik (Welcome to Sarajevo, Le Pacificateur, Les Ensorceleuses, Hypnotic, Duga mracna noc). Acteur vedette de la série télévisée Urgences, ce dernier y incarne le séduisant Dr Luka Kovac. Du côté des producteurs, Branko Lustig, né en 1932 à Osijek, est certainement l'un des plus prestigieux avec un palmarès impressionnant (Dogadjaj, La Liste de Schindler, Le Pacificateur, Gladiator, Hannibal, La Chute du Faucon noir, Kingdom of Heaven).

LE PLANISPHÈRE, LE CORAN, LES ÉLÉMENTS ET ARISTOTE

C’est à Hermann le Dalmate (v.1110-ap.1154), philosophe et traducteur croate du XIIe siècle, que l’on doit la traduction latine, publiée à Toulouse en 1143, du Planisphère, célèbre traité de projection cartographique du Grec Ptolémée. Son séjour à Bagdad et sa remarquable connaissance de l'arabe lui permirent aussi de traduire en latin non seulement les Eléments d'Euclide, (parallèlement à Adélard de Bath), mais également les Tables de Al-Khwarizmi, le père de l'algorithmique. Dans sa traduction de la Grande introduction à la science astronomique d'Abu Ma'shar (787-886), son interprétation de la dénomination de la constellation de la Vierge, reprise dans le Roman de la Rose, contribua à l'instauration de la fête chrétienne de l'Assomption. En Espagne, il rencontre en 1142 Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, qui l'encourage à traduire avec Robert de Ketton le Coran, pour la première fois dans la chrétienté. La traduction sera l'élément central du corpus chrétien de textes arabes, dit Corpus de Tolède. Il traduit également De l'ascendance et de la jeunesse de Mahomet et De la doctrine de Mahomet. Bien que platonicien et disciple de Thierry de Chartres, il figure parmi les premiers à réintroduire les idées aristotéliciennes en Occident, notamment à travers ses nombreux écrits scientifiques et en particulier dans son oeuvre principale intitulée De essentiis (Des essences), achevée à Béziers en 1143.

LE PARACHUTE

Si dès 1495 Léonard de Vinci décrivit et dessina un parachute, c'est à Faust Vrancic (1551-1667), originaire du port croate de Sibenik et connu en Italie sous le nom de Veranzio, que l'on doit l'étude de la résistance de l'air sur la voilure, Machinae novae, où figure la première représentation d'un parachutiste, dénommé homo volans (1615). En 1783, Louis Sébastien Lenormand proposa le mot parachute, et le 27 octobre 1797, André-Jacques Garnerin effectua la première descente réelle (environ 1000 m), à partir d'un ballon.

LA TORPILLE ET L'HÉLICE MARINE

C'est à Rijeka, premier port croate, doté dès le XIXe siècle d'industries puissantes et de chantiers navals, qu'Ivan Lupis (1813-1875) mis au point en 1866 la première torpille. Arme redoutable, elle fut rapidement employée par toutes les marines de guerre du monde et bouleversa rapidement la stratégie militaire navale. Quant à l'hélice marine, sans laquelle nous en serions encore à la marine à voile, elle vit le jour non loin de là, à Motovun, petite cité d'Istrie, soit neuf ans avant le brevet déposé par l'Anglais Francis Smith, souvent considéré à tort comme son inventeur. L'hélice est en effet née en 1827 de l'imagination féconde de Joseph Ressel (1793-1857) dont le premier prototype a été construit en bois. On dit que l'ingénieur, qui y résida longtemps et exerçait la profession de forestier, se serait simplement inspiré de la spirale d'un tire-bouchon...

LE BALLON DIRIGEABLE

L'inventeur zagrébois, David Schwartz (1852-1897), a construit le premier ballon dirigeable à armature métallique dont les prototypes volèrent à Saint Petersbourg (1894) et à Berlin (1897). A sa mort, ses plans furent rachetés à sa veuve par le célèbre constructeur allemand, le comte von Zeppelin, qui fit voler en 1900 son premier "Zeppelin".

LA TECHNIQUE DES « EMPREINTES DIGITALES »

ou méthode dactyloscopique, est l’invention du criminologue croate Ivan Vucetic (1858-1925), d’où également le terme de méthode « vuceticienne », toujours employé dans la police.

TESLA, PÈRE DU RADAR, DE L'ÉNÉRGIE HYDROÉLECRIQUE ET DU MOTEUR À INDUCTION.

Nikola Tesla (1856-1943), physicien croate naturalisé américain, compta parmi les plus grands génies de son époque et consacra sa vie à dompter la "Fée électricité". Auteur de nombreuses inventions et découvertes capitales, il découvre notamment le principe du radar dès 1900, inventa la lampe à pastille de carbone (ancêtre du tube néon, dont le principe servira au développement du microscope électronique et du cyclotron), et surtout met au point le fameux moteur à induction (ou moteur électrique à courant alternatif), qui fait toujours tourner la plupart de nos appareils électriques domestiques ou industriels. On lui doit également le moteur asynchrone, les courants polyphasés ou la bobine dite "de Tesla", utilisée encore de nos jours dans tous les téléviseurs, ordinateurs ou appareils haute-fidélité. Rival d'Edison partisan du courant continu, il développe la technologie du courant alternatif dont il démontre la supériorité énergétique et économique. Dès la fin du XIXe siècle on utilisera bientôt exclusivement le courant alternatif de Tesla : toute l’électricité utilisée dans le monde à cette époque sera produite, transmise, distribuée et transformée au moyen de système polyphasé de Tesla. Père de l’hydroélectricité et constructeur du premier barrage hydroélectrique, il inventa la génératrice de courant qu’il exploitera pour produire du courant électrique à partir de l’énergie hydraulique fournie par les chutes du Niagara. Et c'est en connaissance de cause que B.A. Behrend, président du American Institute of Electrical Engineers, déclara à son sujet : "Si nous devions saisir et éliminer de notre monde industriel les résultats des travaux de monsieur Tesla, les roues de l’industrie s’arrêteraient, les trains seraient immobilisés, nos villes seraient jetées dans la pénombre et nos usines seraient mortes [...] Son nom marque une époque dans l’avancement de la science électrique. De ce travail jaillit une révolution." Véritable inventeur de la radio, il gagnera en 1943 son procès intenté à Marconi pour contrefaçons de brevets : trop tard, le nom de Marconi restera attaché à la radio. Pionnier de la radiodiffusion mondiale, Tesla entrevoit dès 1898 la possibilité, grâce à son système radio, de transmettre non seulement la voix humaine, mais aussi des images à toute la planète. Parmi ses plus grandes découvertes, on peut citer les ondes terrestres stationnaires ou "onde Tesla" (1899) qui lui permettent, lors d'une expérience célèbre, d'éclairer 200 lampes à 40 kilomètres... sans fil! La transmission d'énergie sans fil est née... Il détient toujours un record - celui de l'étincelle artificielle ayant eu la plus longue durée de vie. Le 6 novembre 1915, la une du New York Times annonce que les prochains lauréats du prix Nobel de physique sont Edison et Tesla, sur la foi d'une dépêche de l'agence Reuters de Londres. Le 14 novembre, le bureau de Stockholm de l'agence dément l'information : le prix est attribué à W.H. et W.L. Bragg. L'affaire ne sera jamais élucidée. Tesla obtient néanmoins en 1934 la médaille John Scott, une récompense aussi prestigieuse que le prix Nobel et attribuée aux scientifiques depuis 1816. Il laissera son nom à l'unité d’induction du flux magnétique, le Tesla (symbole : T). Figure emblématique de l'intégration exemplaire des Serbes de Croatie, Tesla se déclarait "Serbe d'origine, Croate de coeur" ["Srpski rod, Hrvatska domovina"], selon son mot désormais célèbre. Né à Smiljan (Croatie) le 9 juillet 1856, il s'éteint à New York, le 7 janvier 1943.

LE SPORT

Avec le tennis, basket-ball, le football est le sport le plus populaire en Croatie. En 1998 en France, l'équipe nationale de football, emmenée par le meilleur buteur de la compétition, Davor Suker, s'est distinguée lors de sa première participation à la coupe du monde en se classant troisième, derrière les Bleus d'Aimé Jacquet et le Brésil. L'équipe de basket-ball, qui comptait dans ses rangs des stars de la NBA (Toni Kukoc, Drazen Petrovic ou Dino Radja), a quant à elle remporté la médaille d'argent aux JO de Barcelone en 1992, juste derrière la Dream Team américaine. Quatre ans plus tard, à Atlanta, la Croatie a remporté l'or en handball et en water-polo. Parmi les joueurs de tennis, les plus célèbres sont Goran Ivanisevic, vainqueur de Wimbledon en 2001, et Iva Majoli, qui s'est imposée en 1997 en finale du Simple dames à Roland Garros. En 2005, la Croatie (Ljubicic, Ancic, Karlovic et Ivanisevic) a même gagné la Coupe Davis entrant ainsi dans le cercle très fermé des nations à avoir remporté le très convoité "saladier d'argent". Enfin, en ski, Janica Kostelic a été sacrée championne du monde de ski alpin en 2001. Mais c'est à JO de Salt Lake City qu'elle a fait la surprise en décrochant quatre médailles (trois d'or et une d'argent), exploit qui lui valut d'être surnommée la "reine des Jeux".

DEUX FOIS SUR LE TOIT DU MONDE

Né à Split en 1951, Stipe Bozic est l'alpiniste croate le plus renommé. en 1979, il réussit l'ascension de l'Everest en empruntant pour la première fois l'arête de la voie ouest. Il est également le deuxième Européen - après l'Italien Reinhold Messner - à avoir atteint deux fois le Toit du monde. Il prévoit de s'y rendre une troisième fois en 2006 afin de promouvoir la paix dans le monde dans le cadre du Everest Peace Project. Stipe Bozic a exploré le Pôle Nord et s'est lancé dans l'ascension des Sept Sommets (le pic le plus élevé de chacun des six continents) : l'Everest (Asie), l'Aconcagua (Amérique du Sud), le McKinley (Amérique du Nord), le Kilimandjaro (Afrique), le Mont-Blanc et l'Elbrus (Europe) et le Kosciusko (Australie). Le fait qu'il ait pu filmer la plupart de ses ascensions himalayennes rend celles-ci particulièrement intéressantes. Il a ainsi pu réaliser une série de films et de documentaires sur l'alpinisme dans lesquels on le voit, caméra au poing, sur le K2 (Kangchenjunga et Manaslu). Il est également descendu à 1395 m de profondeur dans le goufre de Lukina jama, dans le massif du Velebit (Croatie), ce qui fait de lui le détenteur du record du monde du plus grand dénivelé entre sommets et profondeurs de la Terre.

GEORGE BERNARD SHAW, LES KORNATI ET DUBROVNIK

Après une visite de l'archipel, l'écrivain irlandais George Bernard Shaw écrivit qu' "au dernier jour de la Création, Dieu a voulu couronner son oeuvre et, d'un mélange de larmes, d'étoiles, et de souffle, a créé les Kornati". Le plus dense de toute la Méditerranée, cet archipel rassemble près de 150 îles sur moins de 300 km². Tout autant émerveillé par la beauté de l' "Athènes croate", il ajouta que "ceux qui recherchent le paradis sur terre devraient venir à Dubrovnik".

LE DALMATIEN

Comme son nom l'indique, la Dalmatie, région côtière de la Croatie, est la patrie d'origine de ce chien atypique qui fut jadis employé comme chien de garde aux confins de la Croatie et de la Dalmatie, notamment dans la guerre contre les Turcs : les Croates, inférieurs en nombre, les avaient dressés à attaquer les chevaux des Ottomans, avant la bataille, pour désorganiser leur cavalerie. La première description des dalmatiens en Croatie a été faite par l'évêque Petar en 1374. On le trouve aussi très fréquemment figuré sur le blason de certains nobles croates. Son poil blanc à tâches noires, reconnaissable entre tous, lui valu sans doute de devenir le héros du célèbre dessin animé de Walt Disney, Les 101 Dalmatiens.

LES GULLIVERS DE DALMATIE

Une étude menée en 2001 par un spécialiste français est venue confirmer ce que les habitants de Dalmatie (Sud de la Croatie) savent depuis bien longtemps : les Dalmates sont, devant les Hollandais, les plus grands des Européens, avec 1,85 m de taille moyenne! Dans l'arrière-pays de Split, on compte jusqu'à un jeune Dalmate sur quarante de 2 mètres ou plus... Par comparaison, cette proportion est de 1 pour 330 chez leurs homologues allemands et nordiques (1,80 m de taille moyenne), et de 1 pour 10 000 chez les Français (1,76 m en myenne). Mais tous les Dalmates ne sont pas pour autant logés à la même enseigne. Ainsi, la taille moyenne est-elle de 182 cm à Dubrovnik, 183 cm à Zadar, 185 cm à Split et 185,5 cm à Sibenik, Imotski et Sinj. Mais la palme revient dans l'arrière-pays dinarique à Drnis où l'on atteint les vertigineux 188 cm pour les hommes et 174 cm pour les femmes ! C'est également sa taille extraordinaire - 2 m 37 ! - qui valu au plus grand Croate de tous les temps, Grgo Kusic (1892-1918), originaire de Grabovac près d'Omis, de faire partie de la garde impériale personnelle de l'empereur François-Joseph, à Vienne. Plus grand soldat de l'armée austro-hongroise, il fut aussi l'un des plus grands humains de l'histoire.

LE MARASCHINO

Parmi les spiritueux de fabrication locale, figure le marasquin ou maraschino, liqueur claire titrant à 25°, à base de cerises acides appelées marascas. Dans son roman Un début dans la vie (1842), Honoré de Balzac cite Zadar comme "cette ville où l'on fabrique le maraschino", liqueur qui devint célèbre dans toute l'Europe au XIXe siècle.

LA PLUS GRANDE TRUFFE DU MONDE

C'est près de Buje en Istrie, dans le nord-ouest de la Croatie, qu'a été découverte, le 2 novembre 1999, la plus grosse truffe du monde, pesant pas moins de 1,310 kg ! Le poids et les dimensions exceptionnelles (19,5 cm de long, 12,4 cm de large et 13,5 cm de haut) de cette truffe blanche (Eutuberaceae tuber) ont d'ailleurs valu à son découvreur, Giancarlo Zigante, de figurer désormais dans le fameux Livre Guiness des records. Avec cette distinction, l'Istrie consolide encore la réputation de ses fameuses truffes...

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